Maladie de Parkinson
Une maladie neurodégénérative
La maladie de Parkinson commence le plus souvent après 65 ans, mais elle peut parfois survenir entre 20 et 40 ans (on parle alors de forme précoce), voire avant l'âge de 20 ans (forme
"juvénile").
Il s'agit d'une maladie neurodégénérative, due à la disparation inexpliquée et prématurée, lente et progressive, d'un type particulier de cellules nerveuses (ou neurones) dites dopaminergiques.
Ces neurones secrètent une substance, la dopamine, qui joue un rôle capital dans la transmission des ordres destinés aux muscles. D'où les symptomes essentiellement musculaires de la maladie.
Cependant, le déficit en dopamine n'explique pas tout. Plusieurs gènes semblent être impliqués, notamment ceux de deux protéines : l'alpha-synucléique et la parkine.
Enfin, d'autres facteurs, comme le stress oxydatif et l'accumulation anormale de fer dans les neurones joueraient aussi un rôle important.
Classique "triade
parkinsonienne"
La maladie de Parkinson associe trois types de symptômes : le tremblement de repos, l'hypertonie (ou rigidité), la
bradykinésie (ou lenteur gestuelle).
- Si le tremblement est la manifestation clinique la plus connue de la maladie, il est pourtant absent dans 10 à 30% des cas. C'est un tremblement fin, lent, affectant surtout la main, décrit comme
un mouvement d'émiettement du pain. Il apparaît en cas de relâchement musculaire incomplet (main posée sur la cuisse ...) et lors de la marche. Il peut entraîner une gêne fonctionnelle
majeure.
- L'hypertonie ou rigidité s'explique par une augmentation du tonus musculaire, perçue comme une sensation de ressaut lors du déplacement d'une articulation, appelée " roue dentée ".
- Enfin, la bradykinésie ou lenteur gestuelle est souvent le mode d'entrée dans la maladie. Affectant d'abord quelques segments du corps, elle se généralise au fur et à mesure de l'évolution. Elle
est notamment responsable d'une modification de l'écriture, petite et difficile à déchiffrer (micrographie), d'une lenteur et d'une fatigabilité à la marche (à patits pas), de la réduction des
mimiques du visage (amimie), mais aussi d'une lenteur globale, gênante pour la toilette, le rasage, l'habillage, le boutonnage.
La manifestation de la maladie ne se résume malheureusement pas à cette triade. Dépression, anxiété, douleurs, fourmillements, crampes, fatigabilité à l'effort, troubles visuels, troubles du
sommeil, digestifs, ou cutanés ... autabt de signes altérant profondément la qualité de vie des patients.
Traitement et espoirs
Il existe de nombreux traitements antiparkinsoniens. Leur principe : pallier le deficit en dopamine.
Plusieurs familles thérapeutiques tentent de répondre à cet objectif : L-Dopa, antagonistes dopominergiques, amantadine, anticholinergiques, inibiteurs de la catéchol-O-méthyl transférase (ICOMT),
inibiteur de la monoamine oxydase B (IMAO B). Parmi ces dernoers, une toute nouvelle molécuke, la rasagiline, vient d'enrichir l'arsenal thérapeutique.
Certes, ces méducaments ne sont pas exempts d'effets secondaires et de contre-indications ; par ailleurs, le médecin doit souvent tâtonner avant de trouver le traitement idéal, qui va améliorer les
symptômes prédominants tout en tenant comptedes antécédents et de l'âge du patient.
La maladie de Parkinson est une maladie invalidante, générant angoisse et dépression ; il faut cependant lutter contre le fatalisme et l'accablement.
Une étude récente, menée sur près de 1 200 patients, montre qu'un traitement précoce et adapté, administré dès le diagnostique de Parkinson, laisse espérer un ralentissement de l'évolution de la
maladie et un meilleur succès du traitement. Les traitements chirurgicaux (notamment l'implantation dans le cerveau d'électrodes stimulant par décharges électriques les zones lésées) donnent
aussi de bons résultats. Enfin, la recherche s'oriente désormais vers deux pistes : la thérapie génique (qui consiste à introduire un gène codant la synthèse de la dopamine dans des neurones
atteints) et les greffes de cellules nerneuses (embryonnaires ou génétiquement modifiées).
Les familles aussi !
Comme pour toutes les maladies provoquant dépendance et handicap, la prise en charge des patients parkinsoniens ne peut s'arrêter à une simple ordonnance.
C'est tout l'environnement qui doit être repensé : aménagement du domicile, passages infirmiers, kinésithérapie, disponibilité des familles ... Un accompagnement constant et un soutien familial
quotidien sont l'indispensable mais difficile condition à la poursuite d'une vie "normales" et au maintien au domicile. Les familles ont un rôle capital à jouer. Les soutenir et les accompagner
dans leur rôle d'aidants, de façon pratique (auxiliaire de vie, matériel spécialisé pour handicapé, allocation spécifique, aide sociale ...) mais aussi psychologique est tout aussi essentiel que la
prescription du traitement spécifiques. Sans elles, tout maintien à domicile est impossible.
Dr Eva Gulesser